Régimes spéciaux : ceux dont on ne parle jamais
Actualités
Cri no 35 - Léonie Toussaint
Il y a les régimes spéciaux que tout le monde connaît : EDF-GDF, RATP et SNCF (500 000 bénéficiaires). Sans oublier les parlementaires et les fonctionnaires.
Et puis il y a ceux dont on n’entend jamais parler. Les danseurs de l’Opéra national de Paris ont la possibilité de partir en retraite à 40 ans.
Ils peuvent alors commencer une nouvelle carrière en cumulant retraite et salaire, et, l’âge venu, toucher cumulativement deux retraites.
Un régime dérogatoire instauré par… Louis XIV !
Les clercs de notaires ont un taux de cotisation onze fois plus élevé que les fonctionnaires et une retraite calculée sur les dix dernières années.
Chez les mineurs, la durée de cotisation est de trente ans ; leur retraite est indexée sur l’inflation. Taux de prise en charge par l’État : 89,2 %.
Le personnel de la Banque de France cesse de travailler, en moyenne, à 56 ans. Avec une espérance de vie supérieure à la moyenne, ses agents font partie de ceux qui vivent le plus longtemps à la retraite (26 ans en moyenne contre 21 ans dans le privé).
N’oublions pas nos honorables parlementaires, dont les pensions, prises en charge par les régimes du Sénat et de l’Assemblée, sont cumulables, elles aussi.
Elles sont de l’ordre de 2 200 euros pour les députés. Ceux-ci touchent une retraite à taux plein après 20 ans de cotisation seulement et jouissent d’un système par capitalisation refusé au reste de la nation.
Sylvie Andrieux, députée PS des Bouches-du- Rhône, le reconnaît dans Le Monde : « Bien sûr c’est plus avantageux quand on est député que dans le privé. » Mais l’élue en a « marre de l’antiparlementarisme et du fait que Sarkozy fasse de la politique en montant les gens les uns contre les autres ».
Absurde ! Ce sont les privilèges des parlementaires qui nourrissent l’antiparlementarisme.
Autre régime bien spécial : celui des ministres des Cultes d’Alsace- Moselle. Pour eux, il n’y a tout simplement pas d’âge légal de départ en retraite, leur droit à pension n’existant qu’en cas d’incapacité physique ou intellectuelle (loi de 1909).
Le nombre d’années de service et les dernières rémunérations interviennent dans le calcul de leur pension, qui s’élevait ainsi, en 2002, à 1 450 euros pour 35 ans de service, et à 1 540 pour 40 ans.
Jusque-là, les agents de ces entreprises publiques ont échappé aux réformes et aux efforts, déjà minimes, demandés aux fonctionnaires (loi Fillon de 2003).
Les privilèges qui étaient, peut-être, encore justifiés en 1945, ne le sont plus aujourd’hui.
Ce que vous coûtent les régimes spéciaux
